L'accès universel aux soins de santé pour les personnes handicapées en péril
En marge du dépôt du rapport du groupe de travail sur le financement du système de santé, l’Alliance québécoise des regroupements régionaux pour l’intégration des personnes handicapées (AQRIPH) interpelle le gouvernement du Québec sur les suites qu’il lui entend donner. Il est essentiel que les 595,690 personnes handicapées du Québec ne soient pas oubliées et mises sur la voie d’évitement.
L’AQRIPH demande, dans un premier temps, à ce que le gouvernement ne donne pas suite aux mesures touchant l’introduction d’un système de santé et de services sociaux à deux vitesses (compte santé, présence accrue du secteur privé, révision du panier de services, etc.). Les personnes handicapées étant parmi les plus démunies de la société québécoise, elles seraient donc davantage affectées par l’instauration d’un tel régime.
L’AQRIPH considère que l’appel à la performance lancé par le groupe de travail menace sérieusement l’accès et la qualité des services. Récompenser les médecins pour leur efficacité comporte des dangers et risque de laisser pour compte les plus vulnérables, dont les personnes handicapées. Ces dernières ayant besoin de soins plus complexes, quelles garanties auront-elles de ne pas être mises de côté si leurs besoins nécessitent plus de temps et diminuent donc la performance du médecin?
Tout comme le groupe de travail, l’AQRIPH est persuadée qu’un nouveau contrat social est nécessaire en santé et services sociaux au Québec. Le rapport parle très peu de services de réadaptation, de services à domicile, de support à la participation sociale, etc. Ces services constituent une part importante des soins de santé que vont chercher les personnes handicapées ain d'assurer leur autonomie et leur qualité de vie. Ces oublis causent des problèmes considérables, notamment en regard des listes d’attente qui sont toujours plus nombreuses et volumineuses, et ce, sans mentionner le continuum de services parfois absent. Dans cette optique, les suites à donner au rapport Castonguay exigeront l’implantation de mesures touchant tant les services de santé que les services sociaux.
Le groupe de travail propose une réforme de la gouvernance du système de santé. On veut entre autres assurer une plus grande autonomie des établissements. L’AQRIPH appelle le ministre à ne pas aller dans ce sens. La régionalisation et l’autonomie actuelles démontrent déjà de grandes disparités dans l’accès et les services offerts aux personnes handicapées.
L’AQRIPH ne peut passer sous silence l'une des hypothèses du rapport Castonguay en matière de services à domicile, soit la concentration des services en CSSS sur les soins infirmiers et professionnels. Les CSSS devraient alors s’impliquer de moins en moins dans les services d’assistance à la vie quotidienne, l’aide domestique et encore moins dans la prévention. L’AQRIPH est diamétralement opposée à cette hypothèse. Il est impératif de maintenir des services universels, gratuits, de qualité, et ce, dans toutes les régions du Québec. L’Alliance entend bien poursuivre ses démarches auprès des instances gouvernementales pour que les personnes handicapées puissent obtenir toutes les réponses à leur besoin et ainsi assurer leur pleine participation sociale.
Plus de 350 organismes formés par des personnes handicapées et des parents, rassemblés au sein de 17 regroupements, constituent l’instance nationale de concertation des régions qu’est l’AQRIPH.
Source : AQRIPH, 19.02.2008
Pages reliées :
Les services à domicile : une priorité?, Jacques Fournier, 20.02.2008
Opération de signatures de la déclaration des personnes handicapées et des familles pour l'accès aux services sociaux et de santé, Mouvement PHAS
Supprimer les obstacles à la santé et au bien-être des personnes handicapées, Réseau canadien de la santé




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