Deux ans à ignorer les organismes communautaires!
La Coalition des tables régionales des organismes communautaires (CTROC) sollicite une rencontre d'urgence avec le ministre de la Santé et des services sociaux du Québec pour contrer la crise financière qui menace la survie de centaines d'organismes communautaires du Québec. La CTROC demande cette rencontre depuis deux ans. Or le ministre ignore les représentant-es de 2,800 organismes communautaires, de 22,000 travailleurs et travailleuses, de 300,000 bénévoles et de 2,000,000 d'utilisateurs et utilisatrices. Une sortie publique semble désormais la méthode requise pour obtenir ce rendez-vous.
Réunis en congrès à Québec depuis le 19 février, les regroupements régionaux d'organismes communautaires réclament un investissement financier important dès le budget 2008-2009 du gouvernement du Québec et une modification majeure dans la gestion du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC).
Les problèmes de financement des organismes communautaires autonomes en santé et services sociaux (OCASSS) ne datent pas d'hier. Déjà en 2003, près de 16% des organismes songeaient à fermer leurs portes par manque de financement de base. Depuis lors, la situation ne cesse de se détériorer. Afin d'éviter des fermetures et des bris de services, de nombreux organismes réduisent l'accessibilité et la diversité de leurs activités et sont forcés de maintenir des conditions de travail favorisant un roulement de personnel.
Bien que le financement global des OCASSS ait progressé au cours des dernières années, la gestion imposée par le ministre Couillard pour le financement à la mission des organismes communautaires a eu pour impact d'accentuer les écarts et de maintenir un grand nombre d'organismes dans un état de sous-financement chronique. En effet, les Agences de la santé et des services sociaux n'ont pas les marges de manoeuvre financières pour assurer un financement minimal de l'ensemble des organismes de communautaires de leur région, tout en honorant les priorités ministérielles. La mise à l'horaire immédiate d'une rencontre avec la CTROC, par le ministre Couillard, démontrerait qu'il est disposé à trouver des solutions durables au problème du sous-financement.
Victimes de cette gestion inique, 90% des organismes communautaires de l'Abitibi-Témiscamingue n'ont eu accès à aucun budget de consolidation en 2007-2008 alors que seulement 17 des 127 organismes ont reçu un nouvel appui financier. Autre exemple concret de l'impact de la gestion du ministre Couillard, le Groupe de recherche et d'intervention sociale (GRIS-Québec), membre du Regroupement des organismes communautaires de la région de Québec (ROC-03), est aux prises avec une crise financière majeure. Cet organisme est l'un des seuls de la région qui oeuvre avec les personnes vivant la diversité sexuelle; il se retrouve toujours hors des priorités ministérielles.
Quelques 3,000 organismes communautaires en santé et services sociaux oeuvrent auprès de milliers de personnes au Québec. Chaque jour, ils les encouragent, les aident, les soutiennent dans la défense de leurs droits, les accompagnent, les réconfortent, les dépannent, les écoutent et, pour certains d'entre eux, les hébergent. Le ministre Couillard doit accorder un soutien équitable à tous les organismes pour qu'ils puissent continuer à jouer leur rôle pour la population du Québec.
Source : CTROC, 21.02.2008
Page reliée : Martin Lemay veut plus d'argent pour les groupes communautaires, Le Devoir, 26.02.2008




Dans le contexte actuel où la seule vraie préoccupation de nos gouvernements est de maintenir une économie forte et compétitrice; où les coupures budgétaires sont systématiquement dirigées vers les services aux plus démunis; où l' on songe à privatiser notre système de santé dans le seul but d' alléger le fardeau professionnel des médecins pratiquants ou de leur fournir de meilleures conditions de travail ou salariales, nul doute que ce sont les organismes communautaires qui vont faire les frais de ces coupures par une augmentation d' une clientèle de plus en plus dans le besoin et ce, sur tous les plans. Le rapport Couillard relégué aux oubliettes ne servira finalement qu' à creuser davantage le fossé qui sépare les populations des mieux nantis, ignorant du même coup les réels besoins des clientèles les plus concernées en matière de soins de santé,de soins psychologiques ou autres.
Rédigé par: Aline Pagé | le 23.02.2008 à 11:58