À Lyon fleurit la répression des associations de défense des droits des travailleuses du sexe
Le 12 septembre 2007, Nathalie Bordes-Prevost était convoquée par la police après que le préfet de Dordogne, où elle habite, ait décidé de faire dissoudre son association. Le prétexte invoqué est que l'ADEP, l'association pour le droit d'exercer la prostitution qu'elle a créée en juin, cacherait des délits de racolage et de proxénétisme et constituerait une atteinte aux "bonnes moeurs". Cette nouvelle affaire s'inscrit dans la campagne de répression qui s'est accrue depuis l'élection du président Sarkozy.
Rappelons que, depuis le début de juillet, le nouveau préfet du Rhône et ami du président ordonne des rafles de prostituées à Lyon et fait envoyer leurs camionnettes à la fourrière. De plus, la directrice de Cabiria a récemment été convoquée par la préfecture du Rhône pour dénoncer les prostituées migrantes qui fréquentent l'association, et a été menacée de poursuites pour aide au séjour illégal. Début août, c'est le procureur de Nice qui décidait d'interpréter la loi sur le racolage pour faire condamner leurs clients.
Ces mesures d'intimidation et menaces d'interdiction cachent mal une volonté politique bien réelle de casser le mouvement de défense des droits des travailleuses du sexe et de faire taire ses leaders, telle que Nathalie qui fait partie de la nouvelle génération de prostituées qui ont le courage de parler à visage découvert.
Le pouvoir en place sait que le loi qui pénalise le racolage est impopulaire et craint un mouvement d'opposition. Le préfet de Dordogne a cru pouvoir faire taire Nathalie en s'attaquant à une personne isolée. Il n'en est rien car elle a le soutien de l'ensemble des associations de travailleuses du sexe.
Contre toute cette hypocrisie et contre la répression de notre métier, nous appelons à un rassemblement le 5 novembre devant le Sénat.
Sources : Nathalie Bordes-Prevot de l'ADEP, Thierry Schaffauser membre de Les Putes, et Cabiria, 24.10.2007
Page reliée : A Lyon, battage policier sur le trottoir, Alice Geraud, 14.07.2007




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