Pour la reconnaissance et la protection des droits des peuples autochtones
Le 7 septembre 2007, à Montréal, les Femmes autochtones du Québec organisaient une marche d'appui au projet de Déclaration sur les droits des peuples autochtones. Une vidéo de Santiago Bertolino.
Une occasion historique s’offre au Canada pour la reconnaissance et la protection des droits des peuples autochtones. La nomination de nouveaux ministres des Affaires étrangères et des Affaires indiennes et du Nord est l’occasion pour le gouvernement de revenir sur sa position quant à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Nous faisons un appel au gouvernement pour qu’il saisisse l’occasion historique qui s’offre à lui d’aider la communauté internationale à se doter d’un instrument reconnaissant et protégeant les droits des peuples autochtones.
Pourquoi?
Au Canada, il y a encore un écart de 6 ans au niveau de l'espérance de vie des autochtones. Les peuples autochtones continuent d’être surreprésentés parmi les pauvres. Leurs territoires sont convoités par les entreprises transnationales d’exploitation des ressources naturelles et des peuples entiers sont menacés de disparition à court ou à moyen terme.
En Colombie, à cause de l'effet combiné du conflit armé et de l'exploitation des ressources, des peuples entiers sont menacés de disparition à court ou à moyen terme. Le rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits humains et libertés fondamentales des populations autochtones a suggéré considérer la situation suffisamment grave pour que la question soit abordée par le mécanisme de prévention des génocides.
L’appui du Canada est important
Le Canada a été le seul pays avec la Fédération de Russie à voter contre la Déclaration au Conseil des droits de l’homme (la Déclaration a été adoptée en juin 2006 par un vote de 30 contre 2). De plus, avec la collaboration de six autres pays (Australie, Nouvelle-Zélande, Colombie, Surinam, Guyana, Fédération de Russie), le Canada a soumis, en juillet 2007, au représentant de la présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’ambassadeur Davide des Philippines, neuf thèmes sur lesquels il veut que le texte soit rouvert (incluant l’autodétermination qui ne constituait pourtant pas un problème pour le Canada).
Il serait plus constructif pour le Canada de suivre l’exemple de pays qui appuient les peuples autochtones vivant sur leur territoire, comme la Norvège, le Mexique, le Guatemala, la Bolivie ou le Danemark, et qui endossent clairement la Déclaration.
Le Canada doit être fidèle à sa tradition de défenseur des droits humains, à son devoir de consulter les représentants des autochtones au Canada et à l’obligation d’être sensible à la situation des milliers de peuples qui luttent pour leur survie.
Notons qu’il y a un consensus en faveur de la Déclaration au Canada parmi les organisations autochtones, les organisations de droits humains, la coalition des églises Kairos et trois partis qui représentent la majorité des députés à la Chambre des communes.
En changeant de position, le gouvernement actuel peut laisser une trace positive pour le sort des 350 millions d’autochtones du monde plutôt que de compromettre la naissance d’un instrument essentiel pour les droits humains.
Ghislain Picard, chef régional de l’Assemblée des Premières Nations, Québec/Labrador
Jean-Louis Roy, président, Droits et Démocratie
Béatrice Vaugrante, directrice générale, Amnistie internationale, section canadienne francophone
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Pages reliées :
Dernier appel, Le Devoir, 08.09.2007
La CSN demande au gouvernement canadien de ratifier la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, CSN, 07.09.2007
Ottawa dit non, Radio-Canada, 07.09.2007
Autochtones : le Canada fait bande à part, Lisa-Marie Gervais, 09.08.2007
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