Sujet oublié que celui des migrantes d’origine africaine installées au Québec. Ghislaine Sathoud a fait le tour de la littérature et constaté à quel point peu de choses avaient été dites à leur sujet, en partie parce que la communauté africaine garde ses affaires pour elle, surtout quand il s’agit des questions de couple. Or ces questions-là, Ghislaine Sathoud les aborde : la solitude, le partage des tâches ménagères, l’accompagnement du conjoint à la naissance d’un enfant, la violence, surtout psychologique, au sein du couple, les effets pervers du parrainage...
Ghislaine Sathoud explique comment le poids des coutumes se retourne contre les femmes. Instruites chez elles, actives professionnellement, inscrites dans un large réseau familial et social, les Africaines qui émigrent au Québec doivent souvent recommencer à zéro. Tout est difficile : la recherche d’un logement, d’un emploi (qui passe souvent par un retour aux études), d'une école pour les enfants de même que l’adaptation à des méthodes d’éducation différentes. Il faut se refaire des amies, s’adapter à un climat rigoureux en hiver. Et surtout, il faut essayer de comprendre ce conjoint qui, lui aussi malmené par l’expérience de l’immigration, a souvent tendance à vouloir contrôler les actes de son épouse "au nom de la tradition".
Ainsi, les Africaines ne profitent pas toujours des lois émancipatrices pour les femmes qui existent au Québec. Le parrainage devient un moyen de chantage dont les hommes usent envers leurs femmes. Pourtant les Africaines ne baissent pas les bras. Elles luttent comme elles ont toujours lutté, comme elles luttent chez elles. Elles font valoir leurs points de vue, pour elles, pour leurs enfants, et bravent la communauté des immigrant-es qui n’hésite pas à leur renvoyer une image de la femme qu’elles rejettent.
Elle-même originaire du Congo-Brazzaville, Ghislaine Sathoud nous livre un point de vue de l’intérieur. Son livre est le résultat d’une enquête auprès de femmes immigrantes et de réflexions qu’elle mène depuis plusieurs années. Il s’avère déjà comme un incontournable sur la question.
> Ghislaine Nelly Huguette Sathoud, Les femmes d’Afrique centrale au Québec , éd. L’Harmattan, Paris, 2006.
Pages reliées :
Violence conjugale : Non, ce n’est pas pareil pour les femmes immigrantes, Ghislaine Sathoud, 22.01.2006
Femmes noires au Québec : une solidarité pour un destin commun, Ghislaine Sathoud, 24.02.2005
Quand des cultures cohabitent, dialoguent et s'affrontent : la vie trépidante des immigrantes africaines au Québec, Ghislaine Sathoud, 08.04.2004





j'ai vécu très longtemps dans plusieurs pays d'Afrique, très beau continent! ma remarque est la suivante ce que j'ai pu constater c'est que bien souvent la mère de ses garçons sont les responsables de cette éducation ou la femme est moins que rien par rapport au garçon!Car le système est fait pour l'homme et c'est petite fille qui à leur tour son devenue mère éduque le garçon de la même façon et n'essaye pas d'élever de la même façon ce garçon et cette fille alors que quand elle était plus jeune,elles ont souffert de cette discrimination! Je crois qu'il faudrait faire un grand effort de ce côté là et changer cette forme de matchisme! Qu'en pensez-vous? Je suis Belge et je vis maintenant en R Dominicaine ou l'éducation est pareil mais similaire!
Rédigé par: Delvaux | 25.12.2006 at 12:09
Je suis Canadienne et Québéçoise, je viens de terminer un contrat de 14 mois de coopération volontaire sur les violences sexuelles faites aux femmes et petites filles au Nord Kivu en RDC. Auparavant j'ai fais de la coopération volontaire en Afrique de l'Ouest dans le domaine du Sida.J'ai fais une maîtrise en Anthropologie à l'Université Laval sur les femmes haitiennes immigrantes et le Sida à Montréa Je suis présentement basée à Lomé au Togo et j'espère retourner travailler auprès des femmes en RDC bientôt
J'aurais tant de choses à exprimer sur les violences sous toutes ces formes faites aux femmes.
Rédigé par: Patricia | 17.12.2008 at 10:22
Je vous invite à partir un compte dans le site http://www.techsansviolence.net dédié à la lutte contre la violence faite aux femmes et à en profiter pour vous exprimer à ce sujet autant que vous le souhaitez. Plus d'infos ici : http://www.techsansviolence.net/node/51
Rédigé par: Nicole Nepton | 17.12.2008 at 11:08