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29.09.2005

De l'information plutôt que de la publicité

Le Réseau de l'automne 2005Même quand on connaît l'histoire, il semble bien qu'on soit destinés à la répéter. En 1948, le diéthylstilbestrol (DES) était annoncé comme le médicament miracle recommandé pour toutes les grossesses. Le visage souriant d'un petit chérubin apparaissait dans les pages de revues médicales accompagné de la légende : "Est-ce vrai? Oui, le desPLEX aide à prévenir l'avortement, la fausse-couche et le travail prématuré... en plus de donner des bébés plus gros et plus forts".

La publicité, ça marche. Elle a marché pour le DES, qui a été prescrit de 1941 à 1971 à quelque 200.000 à 400.000 femmes enceintes au Canada. En dépit de données scientifiques remontant à 1952 et prouvant que le DES ne prévenait pas les fausses couches, ce médicament nocif a été annoncé et prescrit pendant encore 18 années. Ce n'est qu'après avoir été lié au cancer chez les filles de femmes qui en ont absorbé que le DES a finalement été interdit d'usage pendant la grossesse. Les gens exposés au DES continuent de subir les effets de la stérilité, des anomalies reproductives et du cancer des décennies après la première utilisation, et les effets éventuels sur une troisième génération sont encore inconnus.

Cela s'est passé il y a 30 ans. On pourrait croire que nous avons appris que la publicité des médicaments délivrés sur ordonnance doit être assujettie à une prudente réglementation. Apparemment, il n'en est rien. Il suffit de considérer les dernières nouvelles entourant le médicament Vioxx contre l'arthrite, auquel on attribue des milliers de morts insensées causées par une crise cardiaque. Au cours des cinq années pendant lesquelles le médicament était sur le marché, le fabricant a dépensé environ 500 millions $ US pour en faire la publicité. En plus de ne pas traiter les symptômes de l'arthrite plus efficacement que d'autres médicaments du même type, le Vioxx coûtait beaucoup plus cher et s'est révélé beaucoup plus nocif.

Il est temps de nous remémorer l'héritage du DES et d'en tirer des leçons, notamment que la commercialisation des médicaments délivrés sur ordonnance ne peut continuer à éclipser les données scientifiques. Nous pourrons ainsi éviter de répéter encore et encore les mêmes erreurs.

Lire la suite dans le magazine le Réseau de l'automne 2005 qui inclut un dossier sur les voix silencieuses de l'épidémie du VIH-sida.

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