Une grève de la faim qui a marqué l’histoire
Au Mexique, le 28 août 1978 est une date-clé pour les droits humains. Ce jour-là, 84 femmes et 4 hommes commençaient un jeûne dans la cathédrale de Mexico pour exiger l’amnistie de 1.500 prisonniers et de 500 disparus politiques.
Fatiguées du silence et des mensonges des fonctionnaires, les mères de disparus révélaient ainsi l’existence de la guerre sale menée contre les mouvements populaires et la guérilla. Cette action du Comité Pro Defensa de Presos, Perseguidos, Desaparecidos y Exiliados Políticos (Eureka!) a aussi permis d'obtenir la première amnistie politique et a converti la lutte contre la répression en un thème incontournable de l’agenda démocratique.
La grève a duré quatre jours. "Les gens ont été solidaires malgré la peur. Depuis 1968, il était interdit d’aller au Zocalo [place principale de la ville de Mexico] et de protester dans la cathédrale. Les persécutions de la part des policiers et des militaires étaient permanentes. Le 31 août, l’expulsion paraissait imminente, et nous avons décidé de nous retirer. Le jour suivant, Lopez Portillo [président du Mexique de 1976 à 1982] annonçait la première amnistie de prisonniers politiques. Il y en a eu trois de plus, et 1.500 prisonniers ont été libérés", se souvient Rosario Ibarra de Piedra, l’une des pionnières de la lutte pour les droits humains au Mexique. Un an plus tard, 54 organisations de gauche constituaient le Front national contre la répression.
Source : Jesus Ramirez Cuevas, 28.08.2005
Pages reliées :
Reconocen labor de Ibarra de Piedra y Álvarez Macín : Impondrán medalla “Emilio Krieger” a Eureka y Comité 68, Cimac, 15.09.2005
Les "disparitions" se poursuivent, AI, 06.2002
Les "disparitions" érigées en crime pour la première fois au Mexique, AI, 23.08.2000
Diario de una huelga de hambre, Elena Poniatowska, 08.1998




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