Canada : L'épidémie de VIH risque de devenir endémique chez les jeunes femmes
À l'approche de la Conférence internationale sur le sida qui a lieu en août 2006 à Toronto, il est opportun de porter un regard neuf sur l'épidémie qui sévit au Canada.
Ici, la majorité des personnes vivant avec le VIH sont des hommes ayant des rapports homosexuels et des utilisateurs de drogues injectables. Cependant, on constate qu'un nombre croissant de femmes – de jeunes femmes, notamment – deviennent infectées principalement par contact hétérosexuel. Malheureusement, les politiques et les programmes actuels ne répondent pas adéquatement aux besoins des femmes à risque. Si nous ne prenons pas immédiatement des mesures appropriées, l'épidémie de VIH au Canada risque de devenir endémique.
Depuis le début des années 1990, le nombre de nouveaux cas d'infection diminue chez les hommes ayant des rapports homosexuels et chez les utilisateurs de drogues injectables. En revanche, le taux d'infection par contact hétérosexuel est passé de 13% en 1993 à 43,7% en 2003. Cette hausse s'observe principalement chez les femmes âgées de 15 à 29 ans surtout via des contacts hétérosexuels. À cause des tissus fragiles que comportent les organes génitaux féminins et des concentrations élevées de virus que peut contenir le sperme, la transmission du VIH s'effectue plus facilement de l'homme à la femme que l'inverse.
Selon Santé Canada, le taux de survie des femmes atteintes du sida est inférieur à celui des hommes ce qui est attribuable : à la difficulté de diagnostiquer et de traiter précocement la maladie en raison de la méconnaissance des premiers symptômes chez les femmes; à l'exclusion des femmes des essais de médicaments et à l'inaccessibilité des traitements antirétroviraux; à la plus grande pauvreté des femmes et à la difficulté d'obtenir des soins de santé adéquats et à la tendance de nombreuses femmes à accorder moins d'importance à leur propre santé qu'à celle de leurs enfants et de leur famille. Et ce risque est encore plus important pour certains groupes de femmes. Par exemple, le taux d'infection est deux fois plus élevé chez les femmes autochtones.
Dans l'ensemble, les politiques et les programmes mis en place en matière de prévention, de traitement, de soins, de soutien et d'atténuation des conséquences ne sont pas axés sur les besoins des femmes. Si le Canada ne réagit pas rapidement et adéquatement face à l'évolution des modes de transmission, l'épidémie de VIH risque de devenir endémique.
Source : Barbara Clow, 06.07.2005, Centre d'excellence de l'Atlantique pour la santé des femmes
Pages reliées :
VIH, les femmes et les jeunes, Fédération pour le planning des naissances du Canada
Sois consciente des risques, sois consciente de tes choix, Société canadienne du sida
Génération Capote
De tête et de cœur, CRISS
Le sida et les femmes autochtones, Réseau canadien autochtone du sida
Femmes et VIH/sida : confronter la crise, 15.10.2004
Femmes, sida et droits humains, 12.12.2003




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