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25.06.2005

Contre toutes les mutilations génitales

Qu'elles soient pratiquées à des fins rituelles ou dans le but de rendre "normaux" les enfants intersexués, les mutilations génitales violent les droits fondamentaux des femmes et des enfants.

L'Organisation internationale des intersexués (OII) et le Réseau des intersexué-es francophones d'Europe (RIFE) exhortent les États à intervenir rapidement pour empêcher ces pratiques nocives et discriminatoires et rappellent que leur élimination est indispensable à la réalisation de deux des Objectifs du Millénaire pour le développement", soient l'amélioration de la santé maternelle et l'égalité entre les sexes, qu'ils soient conventionnels ou intermédiaires.

L'OII et le RIFE approuvent la San Francisco Human Rights Commission qui, le 25 avril 2005, a dénoncé les mutilations génitales pratiquées par les pays développés sur des enfants intersexués à des fins de "normalisation". L'excision ou la réduction du clitoris hypertrophié des enfants intersexués n'est justifié que socialement, sans aucune raison médicale. Avec V-Day, l'OII et le RIFE demandent que soient reconnues comme criminelles ces pratiques qui attentent à l'intégrité des enfants intersexués par des opérations chirurgicales et des traitements hormonaux.

L'OII et le RIFE exhortent les organisations internationales des droits des femmes et des enfants à inclure dans leurs dénonciations les mutilations génitales commises en milieu médical sur les enfants intersexués. Dans le monde, selon des estimations étatsuniennes, 430 millions de femmes, de filles et d'enfants intersexués auraient subi des mutilations génitales rituelles ou "normatives", dont 130 millions pour les MGF rituelles et 300 millions de mutilations "normatives" sur les enfants aux sexes intermédiaires. Les mutilations génitales commises sur les intersexués ont commencé à partir de 1950, soit juste après que furent exploitées les données des expérimentations de chirurgies sexuelles et hormonales conduites par les nazis dans des camps de concentration.

En accord avec les études des généticien-nes, l'OII et le RIFE affirment que les personnes intersexuées sont une expression naturelle de la biodiversité humaine tout comme le sont la couleur de la peau, des cheveux ou tout autre aspect morphologique. Les déclarer anormales sous prétexte que leurs différences sont d'ordre génitales relève du racisme. Sous l'Antiquité, on les mettait à mort dès leur naissance. Au Moyen Âge, on les brûlait vives, leur clitoris hypertrophié étant vu comme une manifestation du diable. À notre époque, on les "normalise" avec des bistouris ou on les met à mort avant leur naissance. Les organisations qui dénoncent les persécutions commises sur les personnes aux sexes intermédiaires exhortent les pays signataires de la Déclaration universelle des droits de l'homme à interdire tous les crimes de mutilation génitale, sans faire de différence entre mutilations génitales rituelles et mutilations dites de "normalisation".

Source : OII et RIFE, 25.06.2005 (aussi offert en anglais)

Pages reliées :
Résolution de V-Day à l'appui du mouvement des intersexués/V-Day Resolution in Support of the Intersex Movement, 20.06.2005
A Human Rights Investigation into the Medical "Normalization" of Intersex People (pdf), San Francisco Human Rights Commission, 28.04.2005

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