L'Opération Droits devant
T’en as assez de te faire coller des tickets?
Traverser la rue alors que le feux était rouge = 52$
Traverser la rue ailleurs qu’à une intersection = 52$
Mauvaise utilisation du mobilier urbain = 85$
Tu voudrais que tes droits soient respectés comme ceux de tout le monde? C’est possible! Mais pour y arriver, on a besoin de toi. Conserves tes tickets et parles-en à l'un des groupes de l'Opération Droits devant.
Depuis mai 2003, la Table de concertation jeunesse/itinérance du centre-ville et le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) ont mis sur pied un projet intitulé Opération Droits devant. L'objectif est de consolider une pratique individuelle et collective de défense de droits dans l'ensemble des organismes du milieu et à l'intention des personnes en situation d'itinérance autour de la problématique de judiciarisation dont elles sont bien souvent victimes.
Le projet consiste principalement à :
- offrir de la référence et demander aux intervenant-es d'informer les personnes sur leurs droits et recours (tels que porter plainte)
- recueillir de l'information et la centraliser : contraventions, cas d'abus et regards des intervenant-es sur ce qui se passe sur le terrain
- se servir de l'information centralisée pour établir un portrait aussi fidèle que possible de la situation, exercer des pressions politiques et mener différentes actions de sensibilisation et de dénonciation.
Une personne pour chaque ressource participante collige de l'information, forme ses collègues et collabore à une équipe de travail interorganismes. L'Opération regroupe une trentaine d'organismes intervenant dans les domaines de l'itinérance et de la défense de droits à Montréal. Le niveau de participation très élevé à ces actions démontre à quel point cette problématique constitue une préoccupation importante du milieu.
L'information colligée sur une base régulière et son analyse continuent de permettre aux deux regroupements parrains - la Table et le RAPSIM - de faire des représentations et des pressions politiques, de tenir des activités médiatiques et de sensibilisation et d'envisager différents types de recours. Rappelons qu'ils travaillent actuellement afin que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse intervienne face à cette situation. Ils organisent également un forum en mars 2005 tout en mettant en place un projet qui permettra un accompagnement plus important des démarches judiciaires des personnes marginalisées.
Une telle démarche constitue une réponse à l'inacceptable accroissement de la criminalisation des personnes marginalisées. Puisque la judiciarisation :
- ne fait que s'ajouter à des conditions de vie déjà difficiles
- représente un gaspillage énorme de fonds publics
- court-circuite le travail des groupes communautaires
- revêt un caractère particulièrement discriminatoire
- ne rencontre aucun de ses objectifs de sécurité publique
les groupes associés à l'Opération Droits devant sont déterminés à y mettre un terme.
Ils rappellent également l'importance de soutenir les alternatives à la judiciarisation des personnes itinérantes. Des organismes et institutions leur viennent en aide de multiples façons. Par exemple, le travail de rue et de milieu, l'hébergement avec support communautaire, les programmes de méthadone ou encore les projets d'empowerment sont autant de façons d'intervenir adéquatement auprès de ces personnes. Toutefois, l'amélioration de leurs conditions de vie demande du temps, un financement adéquat et une marge de manœuvre. Trop souvent, les groupes communautaires et les projets pouvant représenter des alternatives à la vie dans la rue sont souvent mal financés, voire même mis en péril. Les fonds publics dédiés à la répression et à la judiciarisation seraient mieux utilisés s'ils étaient investis dans les interventions communautaires. De plus, il est tout à fait incompréhensible que l'État finance des activités de répression (sécurité publique) et celles des groupes communautaires (santé publique et services sociaux) en ayant pour résultat que les premières court-circuitent les secondes.
Organismes communautaires participant à l'Opération Droits devant
Abri de l'Espoir : maison d'hébergement pour femmes itinérantes
Action Autonomie Montréal : défense des droits auprès de personnes ayant des problèmes de santé mentale
Bunker : abri pour jeunes de la rue de 12 à 19 ans
Cactus Montréal : travail de rue, comptoir d'échange de seringues
Collectif opposé à la brutalité policière : défense des droits
Dans la rue : centre de jour, roulotte (aide alimentaire et soutien)
Dîners-rencontres Saint-Louis-de-Gonzague : centre de jour
Diogène : accompagnement de personnes ayant besoin d'aide pour faire face à des problèmes de santé mentale, de justice et d'itinérance
En marge 12-17 : maison d'hébergement pour jeunes mineurs de la rue
Foyer des jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal : logement social avec support communautaire pour jeunes de 17 à 24 ans à risque d’itinérance
Groupe communautaire L'Itinéraire : centre de jour, insertion socioprofessionnelle (journal)
Groupe d'intervention par les pairs : intervention par les pairs auprès des jeunes de la rue
Groupe Information Travail (GIT) : employabilité et insertion socioprofessionnelle
Ketch Café : centre de soir pour jeunes de 18 à 30 ans
La rue des femmes de Montréal : intervention auprès de femmes en difficulté
Maison Tangente : maison d'hébergement pour jeunes de la rue
Mouvement action justice : défense des droits des citoyen-nes ayant vécu de la brutalité policière ou subi des comportements abusifs de la part d'un policier, avocat, procureur ou juge
Le Tournant : maison d'hébergement pour jeunes hommes
Pact de rue : travail de rue auprès des jeunes de la rue
Passages : maison d'hébergement pour jeunes femmes itinérantes
Plein Milieu : travail de rue et de milieu
Premier Arrêt (YMCA) : aide et référence à la Station centrale d'autobus de Montréal
Projet Dialogue (YMCA) : travail de rue et de milieu
Refuge des jeunes de Montréal : refuge pour jeunes hommes
Relais Méthadone : accompagnement et travail de rue auprès d'utilisateurs de drogues injectables
Resto Plateau : employabilité et insertion socioprofessionnelle
Spectre de rue : centre de jour, travail de rue, comptoir d'échange de seringues
Stella : défense de droits des travailleuses du sexe, travail de rue, centre de jour
Unité d'intervention mobile l'Anonyme : support et référence aux jeunes de la rue
Sources : Opération Droits devant, communiqué du 11.05.2004 et La judiciarisation des personnes itinérantes : un état de la situation
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