10 ans de budgets canadiens pénalisant doublement les femmes
Les mesures budgétaires des 10 dernières années ont fait très peu pour améliorer la sécurité économique des femmes, révèle la première étude réalisée pour mesurer l'impact des budgets fédéraux sur la vie des Canadiennes.
Le rapport de l'économiste Armine Yalnizyan examine les budgets des 10 dernières années. Il compare les promesses faites lors du dépôt des budgets et les dépenses réelles effectuées par le gouvernement à la lumière des engagements d'Ottawa en faveur de l'égalité des genres lors de la conférence de Beijing en 1995. L'étude démontre que les femmes ont été indûment pénalisées pendant les années où Ottawa enregistrait des déficits, et qu'elles ont été largement laissées pour compte lorsque le fédéral a commencé à enregistrer des excédents budgétaires.
"Dix ans après l'adoption du Programme d'action de Beijing, nous constatons que les promesses faites aux femmes ne se sont nullement traduites par des mesures financières de la part du gouvernement fédéral", a indiqué Madame Yalnizyan. "Depuis 1998, le Canada connaît des excédents tous les ans, mais le gouvernement fédéral a choisi de favoriser les diminutions d'impôt et le remboursement de la dette nationale, plutôt que de réinvestir dans les programmes sociaux qui contribuent à la sécurité économique des femmes." En comparant les promesses budgétaires et les comptes publics, Madame Yalnizyan a été en mesure de retracer où est passé l'argent des compressions budgétaires en période de déficit et les revenus supplémentaires en période d'excédent. Les résultats sont clairs : les femmes ont fait les frais de la politique des compressions budgétaires.
Le rapport démontre que le déficit a été éliminé bien avant l'échéance fixée. Comme l'excédent a été bien plus élevé que prévu, il se peut que les énormes compressions imposées entre 1995 et 1998 n'aient pas été nécessaires et que plusieurs femmes aient souffert inutilement. Encore aujourd'hui, les programmes sociaux qui viennent en aide aux femmes ne font pas partie des priorités du gouvernement. "Un engagement en faveur de l'équité et de l'égalité signifie un engagement en faveur des ressources nécessaires pour réaliser les programmes qui font toute la différence pour les femmes", a dit Shelagh Day de l'Alliance canadienne pour l'action internationale (AFAI). "Il est temps que le gouvernement cesse de faire la sourde oreille aux demandes des femmes".
Version intégrale du rapport : L’engagement du Canada envers l’égalité: une analyse des sexospécificités des dix derniers budgets fédéraux (1995-2004), Armine Yalnizyan/AFAI, 2005
Consultez également :
L'analyse comparative entre les sexes: état de la situation au gouvernement fédéral, ORÉGAND, 14.06.2005
Le budget ne tient pas compte des femmes, Coalition pour l'égalité des femmes, 24.02.2005
Le profil rétréci du statut des femmes au Canada, 11.02.2004
Beijing +10 : veille informationnelle




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