Que ce soit en raison d'une maternité précoce, d’un retour aux études, d’une réorientation de carrière ou d’un allongement du parcours scolaire, bon nombre de femmes – et d’hommes – doivent concilier études et famille. Dans un avis sur les conditions de vie et les besoins des mères étudiantes publié en 2004, le Conseil du statut de la femme (CSF) trace un portrait de ces mères en s’attardant sur les difficultés auxquelles elles font face et sur leurs besoins spécifiques. Le CSF propose également des modifications à des lois, règlements et politiques.
Nombreuses sont les mères étudiantes qui doivent compter financièrement sur les programmes publics. Le CSF propose notamment que le montant versé aux mères prestataires de l’assistance-emploi inscrites à une mesure de formation d’Emploi-Québec soit haussé pour correspondre à l’effort consenti et qu’il compense plus adéquatement la perte de l’allocation pour contraintes temporaires à l’emploi. Concernant le Programme d’assistance-emploi et des prêts et bourses, le CSF recommande aussi que la pension alimentaire pour enfants ne soit plus considérée comme un revenu pour le parent qui la reçoit. De plus, le CSF estime que la Loi sur l’assurance parentale du Québec doit être modifiée afin que toutes les femmes qui donnent naissance à un enfant, dont les étudiantes, touchent au moins une prestation de base durant le congé de maternité. En attendant que le régime québécois d’assurance parentale soit mis en place, l’étudiante qui accouche devrait continuer de toucher l’aide financière du Programme de prêts et bourses durant un trimestre comme si elle était aux études.
Dans son avis, le Conseil aborde également la question du logement, des services de garde et du transport. Notamment, le CSF recommande que, lors de la construction ou la rénovation de résidences sur les campus, des logements soient réservés aux étudiant-es avec enfants. Il est également primordial que des services de garde souples soient disponibles à proximité des établissements d’enseignement. Par ailleurs, si des efforts ont été consentis par le système scolaire pour répondre aux besoins des mères étudiantes, les services offerts ne sont pas généralisés. À cet égard, le CSF propose que les établissements adoptent des mesures de soutien et des programmes d’aide adaptés aux besoins des étudiantes enceintes ou mères afin de favoriser leur maintien, leur retour et la persévérance aux études. Rappelons que soutenir ces étudiantes aura des conséquences positives pour l’ensemble de la société, le lien n'étant plus à faire entre pauvreté, exclusion sociale et manque de scolarité, et que les pères étudiants en profiteraient également.


