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04.10.2004

Canada : Le travail du sexe, une question syndicale

Confronter le problème de l’exploitation des travailleuses et travailleurs du sexe et en discuter est un prolongement de la lutte du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) pour assurer la protection de toutes les personnes qui travaillent.

La criminalisation du travail du sexe est une forme de discrimination puisqu'on dit aux gens que les travailleuses et travailleurs du sexe n'ont aucun droit et que c'est de leur faute s'ils sont victimes de harcèlement et de violence. La politique du SCFP visant à dénoncer la discrimination envers les membres transgenres et transsexuels entre aussi en jeu quand il s'agit du travail du sexe. Le travail du sexe est également un enjeu pour le SCFP parce que les travailleuses et travailleurs des services sociaux du SCFP leur fournissent des services de soutien de première ligne.

La criminalisation n'empêche pas les gens de faire ce genre de travail. Tout ce qu'elle fait, c'est de renforcer le préjugé contre les travailleuses et travailleurs du sexe et de les obliger à accepter des conditions de travail dangereuses. Elle contribue également à nous faire percevoir les travailleuses et travailleurs du sexe comme des non-personnes qui ne méritent pas la protection de la loi ni de la société. La décriminalisation signifie le rejet ou la réforme des lois qui différencient les travailleuses et travailleurs du sexe des autres travailleuses et travailleurs et qui réglementent la vie sexuelle d'adultes consentants.

En 2001, les membres du SCFP adoptaient une résolution demandant au SCFP d'ouvrir la voie, au sein du Congrès du travail du Canada (CTC), pour la décriminalisation du travail du sexe au Canada. En 2002, le Congrès du travail du Canada demandait également à l'ensemble du mouvement syndical de travailler pour adopter des mesures de soutien pour les travailleuses et travailleurs du sexe. La position du SCFP est la suivante : le travail du sexe est une forme de travail. Le SCFP ne cherche pas à recruter les travailleuses et travailleurs du sexe parce qu'il y a des empêchements légaux à leur syndicalisation. Cependant, le SCFP a demandé au CTC de faire enquête sur la possibilité d'obtenir une représentation syndicale pour les travailleuses et travailleurs du sexe.

Ce serait tout à fait juste que les travailleuses et travailleurs du sexe obtiennent la reconnaissance et la protection accordées aux autres travailleuses et travailleurs, y compris un revenu minimum, la sécurité sociale, des lieux de travail exempts de tout danger, le droit de ne pas être victimes de discrimination, de harcèlement, de violence et de coercition et le droit à la représentation syndicale.

Source : SCFP, 04.10.2004 (en anglais)

Pages reliées :
Travail du sexe et société : La syndicalisation, ça marche, Nicole Nepton, 19.05.2005
Le SCFP propose de décriminaliser la prostitution, Radio-Canada, 20.09.2004
Unionize prostitutes, Newfoundland labour leader urges, CBC News, 08.09.2004
La Coalition pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe exige un environnement de travail sain et sécuritaire (en anglais), RCSF, été/automne 2004
À quand la syndicalisation des danseuses nues au Québec?, Cindy, 07.06.2004

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