« Nous combattrons de toutes nos forces ce projet de loi qui n'a rien à voir avec les valeurs du Québec. » L'intervention de Marie Malavoy, députée de Taillon, à l'Assemblée nationale relativement au projet de loi 78, le 19 mai, vers 1h50. Merci, Mme Malavoy!
Non, la loi spéciale annoncée hier soir ne fera pas en sorte que "tout le monde se clame le ponpon", comme le disait Martineau à la TV ce matin. You hou! Charest!, le mouvement étudiant demeure mobilisé. Si vous ne l'avez pas encore compris, attendez de voir les milliers de personnes qui viendront manifester à Montréal le 22 mai. Il ne manquera pas d'action d'ici là non plus. You hou! Charest!, il s'agit de la « plus puissante remise en question du néolibéralisme du continent »!
« 2011 fut l’année de l’indignation et de la révolte. Le printemps arabe a fait vaciller des autocraties, emporté des dictateurs, déstabilisé des régimes et poussé de nombreux autres à concéder des réformes. Les images de ces peuples arabes détrônant leurs oligarchies ont fait le tour du monde et donné l’exemple. (...)
Le mouvement s’est prolongé en Amérique du Nord, à partir de New York, autour de l’initiative Occupy Wall Street. Le mouvement entend s’attaquer aux grandes banques et aux entreprises multinationales qui dictent les lois d’une économie mondiale injuste qui hypothèque notre avenir à tous. Le mouvement s’est ensuite propagé à plus de 1 500 villes à travers le monde.
«Oui, t’as l’droit d’faire une injonction. T’as bien entendu. T’AS. LE. DROIT. Mais, par principe, t’as pas l’droit. T’as pas l’droit de t’abaisser à des enfantillages. T’as pas l’droit de t’abaisser à jouer les rois d’quartier. Les dictateurs de salon. T’as pas l’droit d’choisir la solution d’l’enfant-roi. Oui. L’enfant-roi. Pas quand le problème est devenu si gros. Pis c’est ça qu’moi, j’respecte pas. »
Aujourd’hui, 1er mai du printemps 2012, en cette journée internationale des travailleuses et travailleurs, qui incarne depuis un siècle le progrès social, nous manifestons notre pleine solidarité avec le mouvement étudiant et notre indignation face à la situation actuelle, aboutissement prévisible de crises sociales, culturelles, environnementales, financières et politiques couvant depuis trop longtemps.
Ce conflit entre le gouvernement et le mouvement étudiant se projette en effet bien au-delà des chiffres et des tarifs : c’est d’abord un conflit de valeurs et de visions, donc de société. D’un côté, on s’entête à imposer des politiques sociales, économiques et environnementales régressives; de l’autre, une jeunesse nouvelle se lève, se rassemble et marche au nom de ses idéaux : la justice sociale, la solidarité et le respect. Ce cri de la jeunesse, qui nous pousse à rompre avec l’immobilisme, à recouvrer notre capacité collective d’agir et à travailler pour le bien commun, nous l’entendons.
Près d'une vingtaine de personnalités québécoises de tous les horizons ont rendu publique aujourd'hui une déclaration solennelle demandant au gouvernement québécois d'ouvrir un dialogue avec les trois fédérations étudiantes. Voici le texte de même que la liste des signataires :
Il faut mettre fin immédiatement à la crise sociale
Nous sommes, comme citoyennes et citoyens du Québec, profondément inquiets de la grave crise qui secoue actuellement l'ensemble de la société. Nous ne pouvons permettre de voir la situation se dégrader davantage. C'est pourquoi, convaincus de l'urgence d'agir, nous intervenons publiquement, aujourd'hui le 21 avril 2012.
Nous sommes d'horizons divers. Sur d'autres questions, nos points de vue divergent. Mais nous sommes clairement en accord sur ce enjeu fondamental : cette crise autour des droits de scolarité a assez duré. Ayant causé de sérieux dommages au tissu social, elle menace des valeurs qui nous sont chères et que nous avons mis beaucoup de temps et d'énergie, dans nos occupations respectives, à incarner dans le réel.
par Diane Gendron, professeure de philosophie au cégep Maisonneuve
Je reviens du palais des congrès et je suis en état de choc.
J'ai fait quelques manifs et je n'ai jamais rien vu de tel. Je ne cherche pas à en «découdre avec les policiers», je ne vais jamais sur la ligne «de front». Mais là, il n'y avait pas de ligne de front.
J'étais debout, tranquille, avec un petit groupe, pas top loin du groupe de profs de la CSN. Je n'ai rien vu venir, les anti-émeute nous ont foncé dessus de tous les côtés, avant de s'engouffrer dans le palais des congrès. Un passant, un homme dans la cinquantaine - même pas un manifestant! - s'est fait casser la jambe d'un coup de matraque juste à côté de moi! Je me demandais comment l'aider avec quelques autres quand ils ont lancé une bombe de gaz à côté de nous : plus capable de respirer, de voir, j'ai paniqué. Un collègue plus loin m'a vue et - un foulard sur le visage - est venu me tirer de là.
« Valérie C. Guilloteau, professeure de philosophie au Cégep de Limoilou, avait prévu lire un manifeste contre la répression policière et l'intimidation dont sont victimes les étudiant-es et les professeur-es au Québec en ce moment.
Ironiquement, elle a été menacée de très fortes représailles et n'a pas pu lire son manifeste en public. C'est plutôt Sacha Calixte, professeur de philosophie, qui l'a lu le 19 avril à l'extérieur des murs de l'établissement, au nom du Syndicat des professeurs du Cégep de Limoilou, devant les 400 étudiant-es qui étaient présent-es.
Le 19 avril, une douzaine de profs, soutenus par des dizaines d'autres, se livraient au quartier général de la police de Montréal en déclarant :
« Nous sommes des professeur-es des universités et collèges du Québec. Alors que des collègues de l’UQO sont arrêtés, alors que nos institutions subissent une occupation policière, alors que des professeurs de l’Université de Montréal se font dire comment faire leur travail par des agents de sécurité, on ose nous demander, entre expulsions, amendes et matraques, de condamner la prétendue violence du mouvement étudiant. Sachez que si des injonctions devaient s’imposer également dans nos institutions, nous refuserions d’obtempérer, désobéissant ainsi à la loi. C’est pourquoi, par souci d’économie d’essence et de travail, nous vous demandons de nous arrêter immédiatement! »
Les policiers ont fait leur gros possible pour ne pas écouter le petit cours qui suivait sur le fascisme économique et l'abus de pouvoir.