par Jean-François Caron
je condamne
la violence, l’intimidation
aussi le vandalisme
vous voulez que je les condamne, Madame,
je les condamne
je condamne
les matraques, le poivre dans les yeux
les grenades assourdissantes
l’intimidation armée
le rudoiement
l’encerclement
cette intimidation
je condamne
les menottes aux poignets de nos enfants
de leurs professeurs
de leurs sympathisants
le sang sur leur front
les larmes dans leurs yeux
les cris dans leurs gorges
je condamne
les violences financières
l’usurpation singulière
le réflexe de détournement
de « ceux qui volent avec leur plume »
qui se masquent de leurs tours
ceux que le poivre n’atteint jamais
oui, je condamne
l’atteinte par intérêt
par profits collatéraux
le vol par l’évasion
des impassibles maîtres du jeu
de l’économie fiction
je condamne
les discours insensibles
la discrimination classiale
la valorisation de l’inculture
je condamne la corruption, la malversation, la collusion
je condamne la violence
de l’entêtement assumé, l’ignorance dirigée
celle-là même qui fonde le chaos
je condamne
le mensonge, le salissage
des écraseurs de conscience
des dé-penseurs
des brûleurs de fierté
des étouffeurs de générations
vous voulez que je condamne, Madame, je le fais
je condamne
tout ce qui est condamnable
je le condamne
faites de même, Madame,
faites de même